Snapshot #1 — 2010

Le processus de Paul Jules Smith est simple : il fixe un appareil photo dans son dos, qu’il déclenche avec une télécommande cachée dans sa poche. Il déambule dans des zones de transit, comme des stations de métro, ou des gares qui sont pleines de gens qui ne partent pas. Ils errent, attendent…

Sans but précis, Paul marche longuement dans ces lieux et déclenche son appareil des milliers de fois, de manière aléatoire, sans maîtriser son cadre. Lorsqu’il voit des visages sur lesquels le temps s’est arrêté, il se retourne et tente discrètement de saisir telle ou telle expression, en appuyant de manière répétée, presque obsessionnelle sur la gâchette de l’appareil. De temps à autre, il s’arrête pour regarder les centaines de photos ratées, et puis soudain au hasard de la série, une image nous révèle une personne enfermée dans une bulle de temps, dans un entre-deux.

Au coeur de l’image, ces personnages semblent issus d’une fiction : ils voyagent par le biais de la photographie dans un imaginaire cinématographique. Ils sont dans l’ici de la prise de vue tout étant dans un ailleurs incertain. Aussi étranges et divers que ces personnages puissent paraître aux yeux de Paul, ils reflètent étrangement sa personnalité, ses interrogations, ses doutes. Isolé et seul nous le sommes tous, même dans les plus grandes villes. Nous nous arrangeons avec notre conscience pour nous en affranchir, nous rassurer.

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Snapshot #1
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